L’Afrique est-elle en rotation dans une roue politique ?

Introduction à “L’Afrique dans une roue politique”

Rappelons que notre préoccupation est d’identifier la difficulté principale de l’Afrique ; celle que nous serons en mesure de poser sous la forme d’un problème commun à résoudre. Rappelons aussi que nous avons choisi d’étudier tout ce qui est généralement présenté comme étant le problème.

A ce titre, nous consacrons une étude sur qui sont les africains dont nous recherchons le problème, un autre sur ce qui constitue sa difficulté en relation avec le passé ,  une autre encore sur sa difficulté au plan économique, ainsi qu’une autre sur sa difficulté au plan social.

Dans ce chapitre, nous recherchons sa difficulté au plan politique.

Faisons-nous d’abord une idée de la politique. L’objet de la politique est précisément de faire en sorte que la volonté et l’aspiration de chaque africain ou de chaque communauté à vivre, à être traitée et perçue comme égale de toutes les autres s’exprime par la raison et non par le canal de la violence. Les progrès de la production politique, c’est lorsque les africains seuls ou en communauté acceptent de confier la réalisation de cette volonté et aspiration légitime à l’État, en lequel ils ont confiance et que celui-ci les amène collectivement à réduire leur difficulté de vivre.

Or, il apparaît que depuis les indépendances et à chaque étape de la marche des peuples d’Afrique, il se produit dans sa plus grande partie un renforcement de la méfiance vis-à-vis de l’État et entre communautés, selon que des africains ou la communauté qu’ils constituent pensent avoir le pouvoir ou ne pas être représentés par lui. Malgré, tout le pouvoir échoit désormais aléatoirement (si nous sommes optimistes) aux uns et aux autres, sans que cela conduise à un véritable progrès, en raison même de la conception du pouvoir et de l’État. Quand cela se produit par la voie des urnes et sans heurts, cela conduit à une situation moins toxique. Mais quand le pouvoir s’arrache par la violence, cela ramène les communautés formant néanmoins l’espace social partagé dans des situations incertaines et de méfiance. La reproduction de ces situations fait de la politique une roue mettant en rotation l’Afrique, sans mouvement important vers l’avant. Puisque à chaque cycle, la production politique semble ramener les africains à la situation dans laquelle ils se trouvaient, voire pire encore. Pour ainsi dire, non seulement à chaque étape la politique ne désarme pas les individus et les communautés, mais elle crée les conditions favorisant leur détermination à exprimer leur volonté par la violence, puisque leur quasi-otalité partage le principe d’inégalité. De fait, la politique réalise un mouvement circulaire et produit par conséquent les conditions de la disparition de la vraie politique au profit du règne des communautés qui composent l’espace social partagé.

Cependant, quel africain, qu’il soit supporter ou adversaire, inactif mais acteur quand même, peut affirmer que les effets nocifs que la plupart des pouvoirs d’État en Afrique produisent aujourd’hui au plan politique l’étonnement. Nous passons le plus clair du temps à contester celui qui est en place et, parce qu’on veut le pouvoir, à en soutenir un et quand ce n’est pas le cas à justifier ses méfaits sur l’espace social partagé ou alors à donner le sentiment de ne pas être concerné ou intéressé ? Y a-t-il alors une difficulté au plan politique si sa résolution consiste pour tous à vouloir et à prendre le pouvoir et à tenter de le conserver ? La difficulté peut-elle être de ne pas l’avoir ou de le perdre sans qu’une telle difficulté soit incompatible avec un espace social commun d’économie du progrès. Nous développerons ces points ultérieurement.

Nous traitons ce sujet en les 3 volets suivants :
• A propos des systèmes institutionnels et du principe électif
• Concernant la gouvernance et les pratiques politiques
• S’agissant des conflits et des guerres

Ces points de débat doivent nous amener à approcher une compréhension de ce qui constitue la difficulté au plan politique, si elle existe.

 

L’Afrique est-elle devant un ralentisseur social ?

Introduction à “L’Afrique devant un ralentisseur social”

Rappelons que notre préoccupation est d’identifier la difficulté principale de l’Afrique ; celle que nous serons en mesure de poser sous la forme d’un problème commun à résoudre. Rappelons aussi que nous avons choisi d’étudier tout ce qui est généralement présenté comme étant le problème.

A ce titre, nous consacrons une étude sur qui sont les africains dont nous recherchons le problème, un autre sur ce qui constitue sa difficulté en relation avec le passé et une autre sur sa difficulté au plan économique.

Dans ce chapitre, nous recherchons sa difficulté au plan social.

Limitons tout de suite toute possibilité de méprise. Quand nous énonçons une barrière sociale, nous nommons par cela même toutes les oppositions entre africains dont les objets se situent dans le champ social. Ces oppositions arrêtent la marche de l’Afrique ou la ralentissent considérablement. Ce sont elles qui constituent les difficultés de l’Afrique dans ce domaine. Comme si cela ne suffisait pas, il faut ajouter à cette considération, le fait qu’il faut également ici se souvenir de ce que toutes productions africaines, qu’elles soient ses pensées, ses agissements constituent ses réponses à ce qu’elle se représente précisément comme la difficulté à surmonter. En elles-mêmes, elles ne représentent pas la difficulté, ni le problème, encore moins ses causes, même si elles contribuent par leur effet à la difficulté. Ainsi, les difficultés que nous analysons sous ce chapitre se déclinent en les oppositions dont ces productions sont les réponses.

Nous analyserons successivement, la presque totale liberté amoureuse, sexuelle et ses effets sur la population ; l’épineuse nécessité de se nourrir et d’échapper à la faim et par conséquent les productions pour y parvenir seront interrogées. Produire pour continuer et améliorer la marche exige des esprits sains dans des corps sains. Alors, nous manquerions un élément d’analyse si les productions en matière de santé ne bénéficiaient pas de notre attention. Enfin, un corps sans l’esprit agirait mécaniquement sans variation. C’est pourquoi les productions visant à entraîner l’esprit, à le nourrir et à le muscler constamment pour innover dans la marche seront également étudiées. Enfin, dans la mesure ou la marche est supposée collective et que la collectivité ne va pas de soi, nous commencerons cet effort par l’examen des productions en faveur de la réalisation de la communauté sociale et de son renforcement.

Nous traitons ce sujet en les 5 volets suivants :
• A propos de la communauté d’économie de l’existence
• Au sujet du nombre de la population
• A propos de nourrir la population à sa faim
• Concernant la santé de la communauté d’économie
• S’agissant de nourrir l’esprit de la communauté

Ces points de débat doivent nous amener à approcher une compréhension de ce qui constitue la difficulté au plan social, si elle existe.

L’Afrique est-elle devant le stop de son passé ?

Introduction à “L’Afrique devant le stop de son passé”

Rappelons que notre préoccupation est d’identifier la difficulté principale de l’Afrique ; celle que nous serons en mesure de poser sous la forme d’un problème commun à résoudre. Rappelons aussi que nous avons choisi d’étudier tout ce qui est généralement présenté comme étant le problème.

A ce titre, nous consacrons une étude sur qui sont les africains dont nous recherchons le problème. Ils sont si souvent cités comme le problème, à travers leurs valeurs, leurs comportements, leurs agissements et leur culture.

Dans ce chapitre, nous analysons le passé, lui aussi promu comme le problème ; l’esclavage et la colonisation occupent à ce titre une place de choix. C’est pourquoi, il importe de dégager la difficulté liée à l’Afrique de naguère, à la Traite orientale, à la Traite atlantique ainsi qu’à la colonisation et aux périodes de lutte pour l’indépendance jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit pour nous de clarifier la position de ces réalités historiques par rapport au problème recherché. Le constituent-t-elles ? C’est ce que nous verrons.

J’appelle le lecteur à faire montre d’une écoute ouverte et non voulue, selon les termes  de Freud, tant l’évocation du passé déchaîne trop souvent les passions au lieu d’entraîner qu’un effort de raison nous conduisent ensemble à mieux le comprendre et à accepter sa position par rapport aux enjeux de l’existence aujourd’hui. Faisons notre cet énoncé du sage Amadou Hampaté Ba : «Pour découvrir un monde nouveau, il faut savoir oublier son propre monde, sinon on ne fait que transporter son monde avec soi et on n’est pas « à l’écoute ». Et si cela ne suffit pas, référons-nous à la parole qu’il rapporte du sage de Bandiagara, Tierno Bokar prévenant le jeune chercheur : « Si tu veux savoir qui je suis, si tu veux que je t’enseigne ce que je sais, cesse momentanément d’être ce que tu es et oublie ce que tu sais. » Et puisque tous, nous recherchons le chemin du progrès de l’Afrique, il importe que chacun cesse momentanément d’être l’africain qu’il est pour en découvrir un autre. Ainsi, pourrons-nous peut-être constater ce qui nous unit et ce qui nous rend différend et nous oppose. La possibilité de construire un espace commun d’économie du progrès apparaîtra dès lors. Et, ce sera déjà en soi un progrès que de nommer ce qui rend difficile la relation sociale et l’économie collective.

Ce chapitre que nous traiterons en cinq volets, doit nous permettre de débattre et d’approcher cette compréhension et parvenir à cerner la position du passé par rapport aux circonstances actuelles et concrètes de la vie des africains. Nous postulons que s’il y a une difficulté, elle ne consiste pas tant en les faits passés mais en revanche naît de la vision que l’Afrique en a. Cette difficulté résulte de l’opposition entre la vision d’un passé de souffrance et celle de celui dont elle aurait été fière en lui procurant un meilleur équilibre. Plutôt que de résoudre cette difficulté de perception, le regard sur le passé semble faire l’objet de larges accords entre africains, à destination de l’extérieur, s’agissant d’une Afrique traditionnelle des valeurs, d’identifier des bourreaux et des victimes. Mais ces accords masquent en réalité des oppositions dont il faut dire qu’il faut du courage pour les éclairer et débattre des moyens de les aplanir. Une seule question suffit à parvenir à cette position, si le débat est accepté : le passé constitue-t-il le problème actuel de l’Afrique ?