Mon nom est Gervais N’GOTTA.

Je suis né dans un petit village situé au centre de la Côte d’Ivoire. J’ai fait des études supérieures et travaillé à la fois en milieu administratif et en entreprises. J’ai eu la chance de voyager. Du point de vue de l’histoire, je suis un voyageur de l’esprit, à la fois dans une part de la tradition africaine et dans la pensée dite moderne. Je suis aussi un voyageur dans l’espace à travers mes voyages.  C’est à ce titre que j’ai des “nouvelles” à donner même si personne ne me les demande, comme autrefois. Elles résultent de ce voyage jusqu’à à cette étape. C’est ce que je fais en cet espace. Car, au delà de faire face aux impératifs et aux besoins  personnels de la vie quotidienne, la juste attitude à avoir en face de la souffrance de l’Afrique est d’en débattre pour la comprendre et tenter ensemble de l’atténuer. Dans cette optique, livrer le détail de qui je suis et de ce que j’ai fait ou pas n’est pas nécessaire pour que chaque visiteur-lecteur réserve à ce que je pense la juste appréciation que mes thèses méritent.

Il importe aussi de préciser que je ne suis pas un auteur, mais simplement un acteur qui a des choses à exprimer et à soumettre à l’appréciation des lecteurs et espère le devenir. Car, “Auteur” vient du latin : “auctor” qui dérive lui-même de “auctoritas”, qui signifie “autorité”. Un auteur est par conséquent une personne en laquelle d’autres reconnaissent une certaine autorité, en raison d’une certaine connaissance, d’une certaine compétence, d’une certaine aptitude, etc… Observons que naguère peu de gens savaient lire et écrire, si bien que celui qui pouvait figurer le résultat de sa pensée et livrer une certaine autre compréhension du monde à travers l’écriture, faisait autorité aux yeux du plus grand nombre. “Auteur a ainsi été étendu au domaine artistique, permettant également de procéder ainsi.

Sur ce point, rien n’est différent en Afrique ou ailleurs, ni que les époques historiques changent quoi que ce soit. Car, quand on la grande chance d’être instruit, ceux qui n’ont pas votre connaissance reconnaissent en cette absence même une certaine autorité en vous. N’est-ce pas le cas quand on est instruit d’une tradition ou d’un savoir scolaire ou académique ou que quand on est simplement vieux et supposé instruit par l’expérience de la vie ou même féticheur-apothicaire. Cela dit, il convient de se garder de faire de l’autorité que d’autres vous reconnaissent en  connaissance certaine. Car, comment ceux qui ne savent pas, peuvent-ils reconnaître la possession effective de cette connaissance qui leur fait défaut et fonde cependant votre autorité ? C’est là une raison pour laquelle avoir de l’autorité procède d’une certaine humilité de ceux qui vous la reconnaissent en un double mouvement : la reconnaissance de ne pas savoir (en un domaine quelconque) ET l’absence de prétention de leur part de savoir ce qu’ils croient que vous savez en ce domaine. Un homme qui a de l’autorité ou fait autorité est reconnaissable à sa propre humilité. Il est aussi humble que ceux qui lui reconnaissent un savoir, sans aucune garantie, à défaut de savoir reconnaître ce savoir qui la fonde. Cette humilité le conduit à accepter de risquer de perdre autant de considération de la part de ses contemporains : en acceptant d’éprouver le savoir reconnu et de fournir la garantie qui fait défaut à ceux qui font de lui une autorité. Quand on a de l’autorité, on se doit de répondre à cette question.

En effet, la question de l’autorité, reconnue par ceux qui ignorent, est celle de savoir si elle est fondée puisqu’ils supposent la détention de savoirs dont ils n’ont pas les moyens de vérifier l’existence. Cette question trouve sa résolution dans la reconnaissance mutuelle d’une telle autorité par ceux auxquels on la leur prête. Pour parvenir à cela, la confrontation des savoirs supposés est la solution. C’est cela le sens du débat contradictoire. Il offre la possibilité à ceux dont une connaissance particulière leur échappe de choisir de confier la conduite de la marche de la collectivité à laquelle ils participent à ceux dont l’autorité fait foi par cette voie. Mais, il y a un risque persistant lié à l’autorité ainsi établie. En effet, sans faire preuve de déontologie et de probité, une reconnaissance mutuelle d’autorité par ceux qui en sont dépositaires peut s’établir sans débat contradictoire ; elle peut même reposer sur une connivence. Cette dernière peut à son tour aboutir tous comptes faits à duper l’ignorance de ceux dont le savoir supposé détenu échappe.

Ainsi, l’auteur véritable échappe à ce biais, par le principe même de l’exposition volontaire de ses idées en vue de les soumettre à la contradiction de ses contemporains. L’autorité faisant de lui un auteur qu’il est appelé à exercer, il la doit par conséquent à son amour du débat contradictoire. L’auteur est celui qui accepte que ses subjectivités ne soient pas nécessairement des vérités. L’auteur peut ainsi contribuer à l’avènement d’un espace social utile à l’économie collective du progrès. L’auteur que j’accepterais d’être, c’est celui-là. Le débat engagé en cet espace est la voie qui peut y mener. C’est une manière comme une autre de refuser l’autoritarisme, consistant à prétendre tout savoir, quand on sait en vérité peu ; à imposer l’autorité, sans aucun fondement ni libre reconnaissance de la part des contemporains, ni aucune garantie que celle du joug, de la menace et finalement de la violence. Les africains utiles à eux-mêmes et à leurs contemporains ont de l’autorité mais ne sont pas autoritaires. Le débat contradictoire est ce qui la garantit.

Pour le lecteur intéressé qui souhaite me connaître, au delà de ce qui est exprimé et pourquoi pas poursuivre le débat autrement, il peut me contacter dans le sous-espace dédié “Contact”.