La position du passé et des productions africaines contemporaines par rapport au problème

Quelle position les africains accordent-ils à leurs productions pour tenter de réduire leurs difficultés de vivre par rapport à ces difficultés ? Ces questions rejoignent celle de la position des “Autres” et du passé. Nous abordons ci-après le passé et les productions africaines. Pour avoir consacré beaucoup d’effort à réfléchir à ces interrogations, nous sommes parvenus à la conclusions que l’Afrique gagnerait à cesser d’ignorer ou de minorer ses productions pour mieux insister ou majorer ce que d’autres produisent dans le cadre de leurs relations inévitables. Concernant le passé, on pourrait être tenté de dire qu’il empoisonne l’existence des Africains. Mais c’est une erreur. Le passé n’agit pas. Ce sont les hommes qui agissement et produisent leur réalité. Ce qu’ils font du passé, si tant est que le passé constitue une difficulté en travers de leur marche, il leur appartient d’y apporter les meilleures réponses ou en faire un appui réaliser leur réalité présente. Quant à ses productions, c’est insupportable de les prendre pour le problème.

Le passé et le problème actuel de l’Afrique

Dès que l’on débat de l’Afrique, l’analyse attentive des réponses que chacun fait à l’interrogation portant sur le problème auquel elle est exposée est remarquable. Certaines le datent et en font une singularité. Ce sont celles exprimées par de nombreux africains et leurs amis intéressés. A entendre certains propos ou à lire certains de leurs écrits, le problème est connu de tous. N’est-ce pas les Autres, par le biais de leurs productions ? La Traite Atlantique des Noirs et la colonisation reviennent immanquablement dans la définition du problème. Ainsi, l’observateur attentif peut relever que l’abord du problème que chacun croit connaître fait généralement démarrer sa difficulté de vivre à ces deux événements historiques encore douloureux pour les africains contemporains. Même s’il est exact qu’au fur et à mesure que le temps passe, le commerce triangulaire s’efface mais difficilement de la problématique. De plus, il est rare que la période de sa rencontre avec les Arabes et la traite orientale soient soulignées. Cette période n’est évoquée que pour introduire les empires bâtis au cours de ces époques. Ces derniers servent un but : réfuter son anhistoricité défendue hier par une certaine idée européocentriste. Quant au chemin parcouru par l’Afrique, depuis l’avènement des hommes jusqu’à cette dernière, il n’est évoqué que pour introduire et vanter la tradition, l’Afrique de naguère. A faire une extrapolation de certains énoncés, on croit comprendre : cette Afrique, on l’aime ou on ne l’aime pas, mais on ne l’analyse pas. Mais, la fierté éprouvée à son égard ne peut servir simplement d’argument d’un continent vierge d’aucune réalité analysable, de tout facteurs de difficultés avant les problèmes anciens figés pour la postérité. Aimer l’Afrique d’hier ne doit pas constituer un pansement aux traumatismes dus à l’histoire de celle d’aujourd’hui. C’est tout à fait le contraire. Réfuter une telle voie, c’est au contraire adopter la juste attitude à l’égard de sa souffrance d’hier et pour la compréhension des difficultés de celle d’aujourd’hui. C’est pourquoi, nous réfutons cette vision du problème auquel elle est confrontée. C’est tellement choquant pour de nombreux africains de se l’entendre dire, que nous demandons au lecteur “une écoute ouverte et non voulue”, comme le disait Sigmund Freud. Le problème de l’Afrique est sans doute de même nature que celui de tous les hommes et de toutes les sociétés humaines. Il est loin de consister en une singularité, à l’instar de l’une des nombreuses particularités africaines dont certains ont le secret de la découverte. Il n’est ni circonscrit dans le temps et n’a de borne que celle de l’avènement des hommes. Il se manifeste différemment, en prenant des formes variables, en fonction des réponses des hommes. Et toutes les productions humaines visent précisément sa résolution ou son maintien dans une forme supportable. C’est ainsi que la culture à une époque donnée, constitue, l’ensemble des réponses efficaces à son égard. Cela dit, le problème actuel que nous recherchons, porte une singularité qui le distingue.

Quand nous introduisons dans le débat la tradition de l’Afrique d’hier, encore présente, nous évoquons ses réponses efficaces face aux situations inacceptables anciennes qu’elle a rencontrées. Lorsque nous évoquons son problème aujourd’hui, il s’agit nécessairement de celui sous sa forme actuelle ; il s’agit de la réalité contemporaine africaine. Et l’Afrique n’est plus en situation d’esclavage ni plus sous domination coloniale. Lequel d’entre-nous prétend le contraire ? De plus, aborder son problème suppose, comme précisé précédemment, qu’un nombre significatif d’africains le partagent, le reconnaissent comme commun à eux et affichent par conséquent une ferme et résolue volonté d’y répondre ensemble. De ce point de vue, si le passé ressenti encore douloureusement est reconnu comme une histoire commune, elle n’est cependant que de l’histoire, donc pas actuelle. Et, le fait qu’il constitue un point de rassemblement des africains, tel une communauté éplorée autour d’une Afrique défunte ou de croyants autour de l’autel de leur Dieu n’y change rien. Parce que ce passé n’est ni son problème contemporain, ni le tombeau d’une défunte Afrique, ni son dieu. De plus, la production africaine l’ignore comme un problème actuel à résoudre. Autrement, qui peut affirmer et défendre qu’une seule de ses productions tente de résoudre ces problèmes du passé ? Au contraire, certaines des productions démontrent au moins que ce passé n’a même pas amené l’Afrique à en faire l’exemple de ce qu’elle ne veut plus. Car, si les hommes ignorent véritablement (n’ont aucune certitude s’agissant de) ce qu’ils veulent vraiment, leurs expériences de l’existence leur confirment ce qu’ils ne veulent surtout plus. C’est là, ce à quoi peut conduire une lecture raisonnable du passé. Tel ne semble pas être le cas.

Par exemple, quand on s’affronte en Afrique par communautés interposées pour avoir l’autorité armée de dominer les autres, est-ce pour échapper à l’assujettissement ou le faire subir aux autres ou les deux situations en une ? N’est-ce pas d’une certaine manière procéder selon ce qui est précisément reproché au passé ? Pour toutes ces raisons, il nous apparaît inutile de rechercher les preuves de mise en commun, dans un problème résidant dans le passé traumatique, puisqu’il ne consiste guère en le passé. Mais un tel effort de la raison ne suffit pas pour supprimer ce qui constitue aux yeux des africains un problème. Il en faut davantage. Encore plus de raison pour tenter d’expliquer la réalité historique ; la confiance dans la raison des hommes doit constituer l’espoir d’y parvenir. Mais on ne peut espérer parvenir à la convoquer et la ramener aux commandes de la lecture de leurs réalités qu’en admettant la part de subjectivité qui est la leur et que chacun a : celle consistant à croire que le passé est ce qui cause leur présent, que les africains n’y sont pour rien dans leurs périodes historiques. Finalement, on convoque parfois le passé pour couper court à la discussion et à l’argumentation qu’impose l’analyse rigoureuse de tout problème. Comment peut-on expliquer que la Traite Atlantique des africains et la colonisation causent quelque réalités africaines aujourd’hui, sans créer la confusion quant à la compréhension du statut de la Traite orientale et de celui du passé en général ? La situation concrète actuelle de l’Afrique, comme par exemple l’occupation de ses parties par des gens qui n’aspirent qu’à servir leur dieu comme il le disent, au lieu d’être au service de leur liberté, relève-t-elle du passé ?

Les productions africaines contemporaines et le problème

On présente souvent les productions africaines également comme les causes de ses souffrances si ce n’est le problème. C’est le cas des affrontements sociopolitiques et les guerres civiles, finissant par contraindre les acteurs à la pause. Certes, nous comprenons que quand l’agressivité et la violence règnent au sein d’une société humaine, elles favorisent un stress vital inacceptable pour les hommes concernés. Mais, ce ne sont là que des productions humaines ; et à ce titre, elles sont avant tout des réponses à d’autres causes ou problèmes. Tant que nous ne considérons que leurs impacts non bénéfiques à l’Afrique, nous omettons ou refusons de les voir comme des réponses. Et, c’est là un nœud dans l’effort de compréhension du problème. C’est dire combien nous avons conscience qu’il y a des chaînes causales naissant du développement des réponses ; lesquelles aboutissent à de nouvelles situations indésirables ou à renforcer celles traitées, y compris pour les acteurs de ces réponses. Cependant, une réponse n’apparaît-elle pas comme cause qu’en raison même de son inadaptation ou de son inefficacité à résoudre le problème initial alors renforcé ; autrement ne conserve-t-elle pas son statut en l’esprit des hommes ? Alors, pourquoi et comment les réponses de l’Afrique constituent-elles les causes de ses souffrances ou son problème ?

Face aux difficultés de la vie, il est nécessaire de se poser des questions et de tenter d’y répondre. Or dès qu’on procède ainsi, on fait de la philosophie en quelque sorte, si l’on n’appuie pas une telle assertion sur quelque prétention de rigueur de ce concept. Pourtant, le lecteur parvenu à cette étape peut être rebuté par ce paragraphe qui rend compte de nos tentatives de poser des questions et d’y répondre pour essayer de savoir pourquoi les africains agissent de telle ou telle manière. Les hommes produisent pour continuer à être et à vivre. Tenter de réduire leur peine d’être est à la fois le but de leurs productions et vivre. Leurs productions constituent de ce point de vue leurs réponses en face de leur peine d’être. C’est donc que la fin de leur existence et la souffrance de vivre leur sont insupportables. C’est cela leur problème consubstantiel à leur être et existence. C’est la raison pour laquelle, à la question de savoir qu’est ce qu’une production humaine, nous pensons sans hésiter : c’est la réponse à un problème, actuel et vécu ou projeté. Quand nous disons cela, nous ne signifions pas que les hommes ne tirent aucun plaisir à produire, comme dénués de toute sensibilité. Nous n’affirmons pas plus qu’ils ne vivent que de rapports de force. Mais, au delà de ces considérations, leur enjeu fondamental consiste à résoudre ou à anticiper une situation de problème, donc de souffrance. Précisément, ils retirent le plaisir à produire du sentiment de tenter de maîtriser leur existence, donc d’être libres. Et malgré le fait qu’ils manquent parfois d’être raisonnables et sont contre-productifs dans cette quête. Ainsi, la production humaine, pour celui la réalisant, n’est ni une cause de son problème, ni le problème lui-même, ni même ses conséquences. Nous pouvons admettre cela du point de vue historique, méthodologique et de la morale de l’individu considéré. Nous pouvons aussi reconnaître qu’en tant que telle, elle peut même renforcer la cause, le problème et ses conséquences qu’elle traite. Mais, à la condition express de la reconnaître d’abord comme une réponse. C’est la raison méthodologique pour laquelle, s’agissant de l’Afrique, nous pensons qu’il convient de réserver à ses productions la position qui est la leur dans le débat, si nous voulons approcher l’objet de notre quête. Du double point de vue historique et méthodologique, ce sont ses réponses. C’est ainsi que nous pouvons accéder à leur raison propre et engager un dialogue intelligent car respectueux de la nature d’acteurs des africains et de celle de réponses de leurs productions, même toxiques pour eux-même en renforçant leur difficulté de vivre.

Aussi, l’indexation des productions africaines et des éléments de culture africaine, en termes de problèmes, d’obstacles, de freins et aux vocables suggérant que l’Afrique souffrance est schizophrène est contre-productive, comme l’est une telle approche. Nombreuses sont en effet les analyses contribuant à la confusion des termes et rendant difficile l’accès au véritable problème. Pourtant que les réponses africaines relèvent de celles inefficaces du passé ou de celles improductives du présent, il n’y aucune raison d’ignorer leur nature première. Ainsi, selon de telles analyses, l’Afrique réfractaire au changement et soldat congénital pour le statut-quo, comme l’on le prétend, ne souffre-t-elle pas aussi d’analyses confuses et inchangées ? C’est une raison supplémentaire d’inviter au débat l’Afrique et tous ces analystes : les productions africaines sont ses réponses. A quels problèmes, cela c’est un autre débat, comme celui devant aboutir à comprendre pourquoi l’Afrique réalise-t-elle finalement des productions contre-productives pour elle ? Pourquoi, par exemple, la guerre civile est-elle une réponse pour l’Afrique ? Une telle approche s’oppose à celles en faisant le problème et des Africains ses causes. L’examen des productions africaines peut au contraire tenter, de ce point de vue, d’identifier leurs caractéristiques communes. De cette manière, on peut espérer ajouter au débat de nouvelles pièces : les causes et les problèmes traités par ces réponses au sujet desquelles un accord est indiscutable quant à leur contribution à l’aggravation de la condition de l’Afrique. L’abord de ces problèmes privés, a longtemps été évité ou ignoré. Tout se passe comme si le partage de la difficulté de vivre par les Africains suffit à considérer qu’ils l’ont mise en commun. Comme si, le fait d’être au sein d’une même communauté nationale valait mise en commun. Comme si les réponses indexées constituaient des réponses communes à un problème mis en commun. Sans le savoir, ces analyses souffrent d’une méprise : traiter de réponses privées à un problème privatisé, comme si leur objet concernait le problème commun de l’Afrique et ses réponses concertées. Notre effort tente d’éclaircir ce quiproquo, donnant l’impression à l’analyste que les africains sont inconséquents.

Quelle que soit la production africaine, elle contribue comme réponse à produire un effet dans son rapport avec la difficulté traitée. Ainsi, chaque fois que nous abordons par exemple le sujet de la faim, il convient de ne pas oublier d’admettre qu’elle est un résultat, un état ou plus précisément le jugement porté sur ce dernier. On peut s’étonner parfois d’entendre que la faim produit ceci ou cela s’agissant de la réalité des africains. L’une des raisons de cette surprise est que la faim n’est qu’un concept pour caractériser l’état de quelqu’un qui n’a pas satisfait ses besoins impératifs de nourrir son corps et son esprit. A ce titre, elle ne constitue pas en elle-même une force capable de produire quelque effet que ce soit. Et même la mort qui définit l’état susceptible de la prolonger n’est que la désignation d’un état particulier. La mort n’est pas la conséquence ou l’effet de la faim ; elle est simplement l’état d’une réalité qui ne vit plus, par défaut en l’occurrence de recevoir les nutriments pour continuer et maintenir un état de vivant. La faim n’y est pour rien dans cette évolution ; elle est la désignation d’un manque, d’un besoin non réalisé. En poursuivant, on peut relever l’analphabétisme qui est la désignation pour caractériser la situation de personnes qui ne savent ni lire ni écrire. Le fait de ne pas être instruit témoigne et désigne un manque : celui de navoir pas reçu une instruction ; il résulte de l’absence d’actions en ce sens. Mais, ne pas l’être ne cause rien du tout. On le constate ainsi que l’intérêt qu’on peut tirer de son contraire et dont la réalisation exige cependant l’action des hommes. On peut poursuivre cette même réflexion à propos de l’endettement de l’Afrique. Depuis les indépendances, chaque enfant qui naît en Afrique connaît la musique : l’Afrique a de tous temps et depuis cette période, quelque chose à rembourser. Sans doute parce que non seulement elle ne parvient pas à le faire jusqu’à l’épuisement de sa dette, mais elle continue d’emprunter. L’Afrique vit à crédit. L’état dans lequel elle a quelque chose à rembourser à ses créanciers est désigné par ce terme. Encore une fois, c’est un état. Il résulte de productions africaines : le fait d’emprunter. L’endettement, comme état, n’a aucune capacité à produire quelque effet participant à la constitution de la réalité africaine. Cet état étant lui même constitutif de cette réalité en tant que la somme des résultats des productions de l’Afrique. D’une manière plus générale, la pauvreté est le mot qui revient le plus à propos de l’Afrique. Mais là encore, il s’agit du jugement porté sur un état général. Ainsi, quand on parle de la pauvreté de l’Afrique, on dit quelque chose d’approchant par rapport à l’endettement. Dans ce travail, nous avons décidé de ne citer aucun chiffre. Est-il nécessaire de jouer à l’économiste maniant des chiffres pour montrer le faible pouvoir économique et financier des africains individuellement et de leurs États ? Les spécialistes en ces matières ont un accord sur le sujet. Et l’Afrique ne conteste pas ce point. Elle désigne entre autres, un poids et un pouvoir économique et financier négligeables de l’Afrique. Mais est-elle en amont ou en aval de la réalité africaine ? Ni l’un ni l’autre. La pauvreté désigne le jugement de cette réalité. A ce titre, elle ne se situe ni en amont en tant que cause, ni en aval, comme conséquence ou le résultat de l’économie de l’existence de l’Afrique. De plus près, on peut se rendre compte que ce que la pauvreté est la qualification de ce résultat. L’incapacité globale de l’Afrique à se protéger est aussi un fait. Il a suffit que quelques bandits s’improvisent hommes de foi pour qu’au nom d’un Dieu qu’eux-mêmes vilipendent, ils parviennent à occuper des parties de territoires africains. L’Afrique est incapable de les en déloger. Les faits d’atrocité à leur passif qu’ils commettent ne suffisent pas à la révolter pour une action commune décisive, même avec les mains nues.

Ainsi rien de tout ce qui généralement énoncé, pour désigner ou pour caractériser des états donnés ne produit la réalité de l’Afrique ni ne constitue son problème. Ce qui lui donne son existence, ce sont toutes les les attitudes et comportements ainsi que toutes les productions des africains, en tant que leurs réponses, dans leur confrontation à ce qu’ils se représente comme leur problème. Ainsi, lorsque l’on fait un effort méthodologique et que l’on consent à considérer chaque aspect de la situation de l’Afrique pour ce qu’elle est, on peut libérer la pensée. Bref, jusque là, nous avons tenté d’alimenter le débat concernant le problème de l’Afrique en nous attachant à préciser la position du passé et de leurs productions par rapport à ce problème. Cela n’était pas inutile même si nous avons conscience d’avoir sans aucun perdu sur le chemin des lecteurs et contributeurs impatients de découvrir la réponse à la question posée. Cependant, son intérêt était de considérer dans la suite du débat, les productions africaines de quelque nature que ce soit comme ses réponses et le passé comme une réalité à constater simplement. Ces deux thèmes seront développés ultérieurement. Peut-être même que ses production-réponses nous mèneront au problème recherché et à défaut, à des problèmes qui ne sont pas le sien, même s’ils y contribuent par conséquent. Et cela, ce n’est pas rien de savoir que les problèmes considérés et traités par l’Afrique à travers ses productions ne constituent pas son problème commun.

Nous introduirons dans l’article à venir “Les Autres” et leur position, non seulement par rapport au problème recherché, mais par rapport aux africains sans lesquels le problème étudié n’aurait aucune existence.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

71 + = 79