La juste attitude face à la difficulté de vivre de l’Afrique.

La grande peine de vivre de l’Afrique est insupportable. Elle appelle à agir. Les Africains agissent déjà. A mieux agir donc.

Mais, comment y parvenir si ses problèmes sont perçus comme leurs causes ou leurs conséquences. Comment le faire si les réponses de l’Afrique sont prises pour ses problèmes ? Quelle pertinence les solutions proposées par quelques débatteurs peuvent-elles avoir si le problème est confusément posé ? C’est pour contribuer à formuler les meilleures réponses que j’élargis en ce lieu même le débat. C’est avant tout, un débat entre Africains. Le lecteur non africain pourra néanmoins y prendre part. S’il est intéressé par la réduction de la peine de l’Afrique. Et s’il s’arme de courage, pour ne pas sacrifier ses arguments les plus pertinents et utiles à l’Afrique aux passions et aux tragédies de l’histoire. Ce débat doit reposer au préalable sur un constat partagé et accepté : les états de l’Afrique de naguère à aujourd’hui résultent, au moins en partie, de ce que les Africains ont produit dans leurs rapports à l’environnement ; y compris avec d’autres sociétés humaines. Le caractère traumatique de certains de ces rapports ne change pas ce fait. Ils ont donc produit leur histoire, avec l’esprit et les moyens qui étaient les leurs face à l’adversité. Et ils continuent de procéder ainsi, pour réduire leur peine de vivre.

Pour que ce débat mène l’Afrique sur la voie de la sortie du noir, nous devons nous interroger sur ce qui est le problème de l’Afrique. Cette question nous conduira à explorer ce qui constitue la situation inacceptable partagée et mise en commun par les africains organisés en collectivités nationales. Continuer la lecture de « La juste attitude face à la difficulté de vivre de l’Afrique. »

Au secours, “la nouvelle africaine” ! (5)

Le “Djassi” et le problème de l’Afrique contemporaine.

Voici le dernier article consacré à l’analyse de l’intérêt de “La nouvelle africaine” pour tenter de clarifier la problématique de ce qu’est la difficulté principale de l’Afrique.

Avant d’achever cette analyse, autorisons-nous une digression par rapport à la ligne directrice jusque-là développée. Le lecteur, amoureux de littérature et ayant été intéressé par la lecture des précédents articles, aura sans doute eu l’impression qu’elle n’a rien à avoir avec la nouvelle, au sens d’un genre en littérature. Pourtant, si nous prenions soin de ne rien segmenter, mais de rechercher un principe commun aux productions humaines, certes particulières dans leurs formes, on pourrait faire l’hypothèse de l’existence de tels principes. En littérature, une réalité ou histoire est racontée à travers un texte désignée par “nouvelle”, selon des règles propres au genre. Ainsi, un livre consistant en un recueil de nouvelles regroupe des histoires se rapportant à un même sujet que l’auteur traite. S’agissant du “Djassi”, on peut observer que le “voyageur” africain  raconte et partage des histoires différentes, vécues au fil de ses aventures. En cela, chaque histoire délivrée au cours du cérémonial du “Djassi” est proche de la nouvelle narrée par le nouvelliste. Et les histoires qu’il raconte lors des différentes occasions de ce cérémonial se rapportent elles-aussi à un même sujet : celui de réduire la difficulté collective de vivre. Sur la base de ces énoncés, on peut donc s’autoriser à rapprocher le genre littéraire qu’est la nouvelle de la “nouvelle africaine” qui n’est rien d’autre que le récit de la réalité vécue d’un voyageur”. Et, si l’on se pose la ,question de savoir qui donne la nouvelle, la réponse est le “voyageur”. Il peut être un écrivain ou quelque contemporain qui a des choses à exprimer à propos d’un sujet pour lequel il a une connaissance ou des hypothèses pour sa compréhension ou tout simplement quelque chose à communiquer. C’est dire l’importance de la “nouvelle”, comme modalité particulière d’être avec les contemporains, de communiquer avec eux et ainsi de participer à la marche collective d’un espace social commun. Clôturons donc cette digression pour revenir à ce dernier article qui traite la question suivante : le “Djassi” n’est-il devenu qu’un vestige historique ?

De nos jours, des africains peuvent avoir peur de contribuer à la marche collective pour qu’elle soit plus bénéfique pour tous. Cette crispation les éloigne des citoyens qu’ils espèrent être. Il y a plusieurs raisons à cela. La peur du pouvoir des gouvernants y est sans doute pour quelque chose. Le passage des communautés nationales africaines à des formes de monarchies absolues aux « monarchies monopartites » et aux « démocraties mornarchiques » ou structures approchantes que d’aucuns désignent par le néologisme de “démocratures” n’y a rien changé. Car, il semble bien que nombre de ces dernières sont également viciées et vicieuses. Le souci de conserver ses avantages ou sa situation personnelle du moment en fait également partie. Cependant, la première raison est souvent davantage commode et valorisante pour expliquer quelques fois le manque d’audace et en fin de compte l’inaction. La peur des maîtres penseurs stresse ainsi la volonté de restituer et de partager le résultat de la pensée et de la connaissance humaine à laquelle on accède, d’autant que ceux-ci se muent parfois en maîtres censeurs.

Dans ces conditions, beaucoup de “voyageurs” africains optent pour le partage de leurs “nouvelles” avec ceux avec lesquels ils croient et espèrent ne prendre aucun risque. Quand on a en commun un même espace social, y compris avec ceux avec lesquels on évite de partager les matériaux de formulation de l’économie collective du progrès , parce qu’on a peur d’eux, cela ne peut aboutir qu’à une sécurité peu durable. Vivre, c’est marcher de progrès en progrès et la sécurité en fait partie. C’est aussi accepter de prendre un risque, puisque qu’il n’y pas d’existence sans adversité. Quel est le résultat de cette vaine attitude. En agissant ainsi, une grande partie de la pensée et de la créativité des africains se perd et se dissipe inutilement ; son expression étant à la fois placée sous l’autorité  de leurs aspirations légitimes à la sécurité, ainsi que sous celle des détenteurs de la vérité, les maîtres penseurs et censeurs. Sans indexer ces africains, on peut tout de même s’accorder à observer que cette situation affecte la marche de l’Afrique qui repose alors et trop souvent sur les peurs et des subjectivités imposées comme des vérités.

Continuer la lecture de « Au secours, “la nouvelle africaine” ! (5) »

Au secours, “la nouvelle africaine” ! (4)

Djassi” et espace d’économie de l’existence

Nous l’avons vu précédemment. Le « Djassi » consiste en une double représentations. Comme « frontière », il peut être matérialisé avec un simple crayon. Il marque une ligne de séparation conceptuelle entre deux espaces. La cérémonie du « Donner les nouvelles », constitue le mécanisme par lequel cette frontière conceptuelle, qui sépare un espace de sécurité ou à sécuriser d’un autre, perçu essentiellement comme dangereux, est rendue sure. Appliqué à l’histoire de Afrique en général, l’observateur attentif peut alors comprendre les enjeux du présent africain. Sur la base de l’opposition d’une double association entre d’une part, espace sécurisé – liberté et progrès, et d’autre part, espace non sécurisé – étranger, danger et source de difficulté. Ainsi, s’est construite la représentation de la communauté dans l’histoire. La communauté restreinte s’imprime alors à l’esprit comme celle de l’espace d’économie collective de la liberté. Elle s’oppose alors au reste de l’environnement. En cela, il n’y a rien d’inhumain, mais une part de l’expression de l’humanité entière, selon l’époque. Le cérémonial du « Djassi » est aussi un cadre collectif permettant au “voyageur” de contribuer à la connaissance de l’environnement extérieur et de participer à l’économie collective du progrès, dont il est un instrument .

Ainsi une observation attentive rend compte de ce que ces africains d’hier considéraient comme le cadre de production de leur liberté, de leur sécurité et de leur équilibre. L’attachement à la communauté restreinte repose sur la perception de cet espace par rapport à celui extérieur  à la fois utile et dangereux. Cette vision ne rejoint-elle pas finalement celle de tous les hommes ayant donné naissance à plusieurs mondes, aux réalités naturelles et artificielles, au bien et au mal ainsi qu’à la segmentation de la communauté humaine, constituée en différents États-nations ? Mais, y a-t-il d’un côté l’espace restreint sécurisé et le reste de l’environnement, comme essentiellement dangereux ? Continuer la lecture de « Au secours, “la nouvelle africaine” ! (4) »

Au secours, “la nouvelle africaine” ! (3)

Djassi“, frontière, rôle et responsabilité du “voyageur”

A l’analyse, «la cérémonie des nouvelles » ne constitue-telle pas un rite de franchissement d’une frontière ? Le « Djassi » a été pour les africains un instrument puissant, utile à la résolution des problèmes que posait l’existence à des époques très reculées. De nos jours, malgré les enjeux incommensurables en Afrique, la voix-électorale est trop souvent conditionnée et manipulée. La libération de la voix-pensée, à travers en particulier la parole, parait être l’une des conditions essentielles à l’émergence d’idées d’intérêt collectif. La société africaine d’hier était avant tout essentiellement celle du verbe et donc de la parole. Que la société africaine d’aujourd’hui, à travers ceux qui entendent la guider, ait peur de la parole exprimée ou figurée est un non sens historique. Que cette parole, désormais retranscrite sur des feuilles de l’écorce des arbres à palabres de notre époque, crée des démangeaisons chez eux relève de l’ignorance de son histoire. Que pourtant, ces derniers ratent rarement une occasion de se poser en seuls défenseurs et gardiens de la tradition peut à juste titre rendre triste le « voyageur » africain conscient de la valeur de cet outil.

La translation n’est donc pas perçue par eux. Ils se coupent ainsi, de leurs vecteurs historiques en se noyant avec la société africaine entière d’aujourd’hui. L’Afrique doit se réconcilier avec elle-même en percevant sa réalité dans le mouvement historique d’ensemble. L’acceptation du verbe et de la parole libre (à défaut qu’elle soit imposée et canalisée comme naguère) peut permettre, comme naguère de relever les défis qui demeurent.L’environnement, qu’il soit intérieur ou extérieur, reste utile et indispensable mais aussi adverse, voire dangereux pour la liberté. Et cela, d’autant plus lorsque les hommes ne font pas en toutes circonstances preuve de raison et de sensibilité, leurs principaux attribut discriminants. Chaque Africain est ainsi convoqué par l’histoire : pour faire une lecture lucide et dynamique des traditions africaines. En tentant de le faire, on peut observer que le « Djassi » apparaît comme une approche d’économie de l’existence. Sa vocation semblait être la connaissance de l’environnement et les progrès que cela permet, tant pour vivre que pour se protéger en sécurisant l’espace de vie, en l’éclairant et en le nourrissant. Chacune de ses séquences sont significatives de sens.

En pays « Akan », « Djassi » signifie littéralement « derrière le talon du pied » ; et dire le « Djassi », « donner les nouvelles » situées derrière ces talons. Ces dernières se rapportent aux réalités connues du « voyageur » dans l’espace situé en arrière de ses talons de pieds. Il s’agit en somme pour lui de rendre compte de ce qui se passe dans cet environnement duquel il revient. Lui ayant osé aller dans cet espace devait ainsi informer tous ceux qui n’y ont pas été et qui ne l’appréhendent pas nécessairement. Il était ainsi investi de la mission ou de la responsabilité de partager avec eux ce qu’il y a vu, entendu, fait et d’échanger avec eux ses impressions. Toute sa connaissance de l’environnement devait ainsi être livrée au partage. Dans l’esprit des anciens, « Djassi », c’est l’espace de connaissances se trouvant au-delà du talon, derrière le dernier pas de celui qui, en en revenant, entre dans son espace de vie où il est accueilli. Cet espace derrière le tendon d’Achille s’oppose, par l’existence historique des aïeux et de leur conception, à l’espace habituel connu de sécurité, puisqu’ils l’ont organisé en ce sens.

Le « Djassi » constituait ainsi un rite de passage d’une frontière. D’un côté, le domaine considéré connu, sécurisé et protégé par la communauté. De l’autre, l’extérieur à appréhender pour mieux s’adapter. Les nouvelles des « voyageurs » contribuaient ainsi à des productions en faveur du progrès. Cet espace, certes nécessaire aux progrès de leur vie, leur semblait malgré tout essentiellement dangereux. Dans cette vision segmentée de l’environnement, les maîtres mots sont sécurité d’abord, puis progrès ensuite. D’ailleurs, cela n’a pas changé : se protéger de l’espace extérieur et tenter de l’appréhender pour le rendre amical pour s’en nourrir a fait du « Djassi » l’un des moyens. Dans l’esprit de ces africains d’hier, c’est une espèce de rite douanier au cours duquel chaque voyageur doit faire une déclaration imposée mais dont le contenu est libre. Libre, car il est attaché à la réalité qu’il a vécue ou dont il a eu connaissance dans l’environnement extérieur. C’est toute la réalité intelligible ou non à laquelle le voyageur a accédé. Tout cela constitue un socle de savoirs nouveaux dont la cérémonie du « Djassi » essaie d’organiser le compte-rendu et le partage en vue du progrès. de la protection et du mieux-être de tous au sein d’un espace commun, considéré à priori libre et sécurisé. Le leader et les gouvernants en sont néanmoins les premiers destinataires.

Ainsi, la cérémonie du “donner les nouvelles” rend compte de la conception de l’espace social commun, espace d’économie collective du progrès et de ce qui n’en fait pas partie. Elle renseigne aussi sur la responsabilité reconnue à chaque contemporain “voyageur” dans l’efficacité de cette économie collective. La question est alors de savoir, pourquoi l’Afrique contemporaine a conservé sa conception de ce qui est étranger et dangereux  et s’est détournée de l’intérêt du “voyageur africain”. C’est ce que nous verrons dans l’article à suivre.

Au secours, “la nouvelle africaine” ! (2)

Des nouvelles utiles pour le progrès

Dans l’esprit des aïeux en Afrique, le « Djassi » reposait sur la conscience de la réalité duale que le monde constitue. La première réside en ce que c’est l’environnement qui permet la vie. Sa connaissance était nécessaire pour organiser les progrès se traduisant par la réduction de la peine de vivre. Dans leur contexte d’organisation de la société, basée sur l’inégalité, ils percevaient la seconde réalité ainsi : les principaux dangers qui menaçaient chacun et la communauté étaient perçus comme étant principalement extérieurs. Ils supposaient ainsi que le domaine intérieur était par conséquent à priori maîtrisé, à défaut d’être totalement sécurisé, grâce à l’intelligence organisationnelle qu’ils ont développée sur divers plans, social, politique, ainsi de suite. Et, puisque le principe d’inégalité offre les moyens de réduire  les dangers internes, avec davantage de facilité. La communauté constituait donc l’espace et le moyen de la sécurité collective. Ainsi, à travers le « Djassi », la contribution de chaque habitant au progrès et à la protection collective était ainsi attendue et formalisée.

Remarquons au passage, et ce n’est pas là le moins intéressant, qu’à leur époque la communauté était perçue comme limitée. Quant aux dangers qui étaient présents dans leur environnement immédiat, ils leur paraissaient donc à priori évidents et de nature peu diffuse. C’est ce qui a par ailleurs justifié l’efficience des parades qu’ils opposaient et qui apparaissent de nos jours rudimentaires et moyennement élaborées. C’est probablement aussi ce qui peut expliquer la codification et sécularisation du « Djassi » comme pratique d’économie de l’existence. C’est aussi un élément d’explication du rythme lent de progrès évoqué par Joseph Ki-Zerbo que nous aborderons ultérieurement. Il apparaît d’emblée que la perception de l’environnement a fortement impacté le rythme d’évolution de la société africaine. Ainsi, la connaissance du « voyageur », transmise par la cérémonie instituée, permettait à toute la famille, à tout le clan, à tout le royaume de connaître et comprendre son environnement proche et éloigné. Se faisant, le « Djassi » permettait de faire œuvre de créativité collective. Le progrès qui en était issu conduisait à anticiper les dangers qui menaçaient et à les maîtriser. La connaissance partagée du  voyageur contribuait à l’adaptation à l’environnement. Les moyens de subsistance, de protection de la communauté et d’adaptation à l’environnement, à la fois nourricier et hostile, pouvaient ainsi être améliorés, grâce aux « nouvelles » des « voyageurs ». Le progrès reposait en partie sur eux, apparaissant de ce fait comme des colporteurs de possibilités de progrès et d’équilibre. La cérémonie du « le Djassi », telle que décrite, est un legs de l’Afrique de naguère. Même si elle est variée dans son approche selon la partie concernée, elle est à la fois une production et une valeur partagée par une grande partie de l’Afrique. C’est pourquoi, cela présente beaucoup d’intérêt de s’interroger sur sa signification et sur ce que les africains en ont fait.

On peut faire des hypothèses, qui d’une certaine manière, représentent le sens à donner à cette constante de la société africaine. Qui sait, si ce n’est en fin de compte l’un des leviers pour surmonter certains obstacles actuels entravant la marche de l’Afrique. La cérémonie du « Djassi » est un rituel de salut et de partage d’information, donc de savoirs. Et comme le salut, c’est un outil d’économie de l’existence. C’est une production marquée du seau de l’Homme, dans sa volonté de réduire sa peine de vivre et donc d’équilibre dans son environnement. Ceux qui nous ont précédés nous ont enseignés que la parole, comme l’écriture, qui objectivent la pensée et la sensibilité peuvent changer la vision du monde. Toutes les deux peuvent engager les hommes sur les voies les plus fécondes pour se réaliser. Et, tout ce que les hommes produisent a un sens ou une signification, en rapport avec l’économie humaine d’être et d’exister.

Bref ! Voici ma part d’égarement, d’ignorance, d’audace et d’espérance, s’agissant de ce que « Djassi » évoque en mon esprit. J’en ai également tiré des interprétations et des possibilités d’amélioration des productions du présent. Je ne prends pas beaucoup de risques. Et tant bien même ce serait le cas, j’assume mon audace. Il n’y a aucun tort à tenter de rechercher le sens des choses ou des principes en elles. Il n’y en a pas non plus à chercher à comprendre une certaine vision du monde par les hommes, d’autant que cela peut éclairer le chemin de la marche pour exister. Et, dès lors que cette expression ne tente pas d’y contraindre les autres hommes. Car, il semble bien que le « Djassi » livré par chaque « voyageur » fait sens en économie de l’existence des hommes. Dès lors, on peut se rendre compte de l’intérêt des africains de se saisir de leur rôle de voyageurs et dépositaires de “nouvelles”, tant bien même personne ne leur demande des nouvelles, comme naguère. Si « le voyageur » à cette période a une grande importance, c’est en raison de la connaissance qu’il pouvait avoir de l’environnement vital. En ce sens,  le «Djassi» peut permettre aux hommes en Afrique de réduire leur peine d’être. Ne serait-ce qu’en partageant la compréhension des difficultés communes que leurs voyages divers leur livrent. On verra ainsi que «la nouvelle » peut servir l’économie de l’existence, en permettant de mieux définir et de clarifier les difficultés à résoudre.

Je développerai ce point au prochain article.

Au secours, “la nouvelle africaine” ! (1)

“Djassi” ou l’outil d’économie du progrès

Pour comprendre pourquoi  il est si important que chaque voyageur africain donne des “nouvelles”, il me plaît de partager ma compréhension de la cérémonie des nouvelles. S’il y a bien une tradition africaine qui peut nous aider à comprendre les difficultés de l’Afrique avant même de penser les réduire, c’est bien ce leg.

Pour le non initié arrivant pour la première fois dans un village africain, il remarque très rapidement un cérémonial de salut. Celui-ci implique chaque voyageur. Parvenu chez les peuples Akan en Côte d’Ivoire et au Ghana, il peut lui sembler fort lourd, répétitif même et en fin de compte rébarbatif. C’est la cérémonie du « Djassi » ou « Amanien». Il s’agit de « donner les nouvelles ».

Continuer la lecture de « Au secours, “la nouvelle africaine” ! (1) »