Le Viel africain a beaucoup caché, mais il a laissé l’essentiel !

Cacher ce qu’on ignore ou sa peur de montrer ce qu’on sait

Quand j’étais petit enfant, j’aimais poser des questions. Je n’avais toujours pas eu une réponse à la question posée mais une du genre “toi le petit, tu veux tout savoir, connaître le fond des choses”. D’autres fois on répondait en formulant sous la forme de questions des hypothèses que je me faisais moi-même. C’est pourquoi, je pose une question que j’avais posée quand j’avais huit ans environ et que je pose encore autour de moi. Elle se rapporte à la manière d’extraire une boisson alcoolisée. Pour ceux qui savent ce que c’est que le “bangui” ou vin blanc africain ou vin de palme, ils comprendront très vite. C’est une boisson obtenue par l’extraction de la sève du palmier ou du palmier dattier ou du raphia. Le liquide est  et blanc légèrement bleuté comme le lait. il s’alcoolise surtout après extraction par fermentation en produisant une mousse abondante comme de la bière pression ; et la pression est telle qu’on ferme rarement complètement le couvercle du pot le contenant. On raconte même qu’avant, en l’absence de montée de lait chez les mères allaitantes, le breuvage fraîchement extrait et à taux de sucre élevé servait à allaiter le bébés. Bref, la question ?

Pourquoi avant d’extraire le breuvage, déracine-t-on le palmier (et le raphia), qui fait 3 à 8 maximum (pour les variétés courantes) et un peu plus de 10 m pour les autres, alors que l’extracteur grimpe, 2 fois minimum voire 3 fois par jour (pendant 1 mois au minimum que dure l’extraction) à une hauteur de 20 à 80 sur un tronc lisse et à la verticale de 30 à 50 cm de diamètre ?

A mon âge, je n’ai toujours que des hypothèses alors que bientôt je pourrais être dans la situation de celui qui est censé savoir. La question pourrait prêter à rire et aurait été sans importance si des hommes ne mouraient pas de leur chute parfois du haut de 20 à 80 m de hauteur et si on ne croyait pas souvent en Afrique donner l’impression de savoir alors qu’on ne sait pas.

Dépasser sa peur et livrer ce qu’on sait en le masquant

La place éminente dévolue aux plus âgés, même s’ils ne la refusent pas, car personne n’écartent des flatteries, ils ont conscience et sont assez mesurés, modestes et même sages pour reconnaître eux-mêmes les limites de leurs connaissances et leurs productions. Ils sont même assez sages et tellement d’authentiques africains qu’ils se flagellent dans la conscience masquée de leurs limites dans leur propre désignation. Mais, cela, comme souvent en Afrique, tout est caché et il faut le découvrir ou mériter qu’on te le livre ; à condition d’obéir, de se soumettre en quelque sorte.

Ainsi, en pays Akan, dans l’ouest africain, il y a une parenté entre « Pking », l’aîné et « pking gbin », « le vieux ». Ce dernier terme exprime littéralement « celui qui est tombé dans le vide, sur rien ». En quelque sorte, il a certes vieilli en obéissant sans mot dire aux règles et en servant longtemps la communauté lignagère mais sans parvenir à grand-chose ou sans hériter de grand-chose de ses homologues l’ayant précédé. Dans le sens de l’histoire, cela peut signifier un vieux qui n’a pas connu de progrès significatif par rapport à son âge et aux responsabilités qu’il a assumé, dans le cadre social rigide défini. C’est à méditer, comme bien d’autres terminologies en Afrique. Les aïeux étaient certainement assez sages pour résumer le constat amer de ce qui a résulté de la vie qu’ils ont produite et leurs propres limites, au crépuscule d’une vie de certitudes, de soumission et d’abandon de leur raison souveraine. Si les contemporains le sont également et assez modestes, peut-être alors trouveront-ils le sens de l’histoire laissée par l’Afrique d’hier. Ils auront alors continué l’africain d’hier et ne l’auront alors pas incarné.

Mais cela c’est le libre choix de chacun d’entre nous.

Chaque africain doit cependant avoir en conscience s’il veut au soir de sa vie être un “Pking Gbin” ous un …..  une désignation qui reflétera ce qu’il aura produit. !

GNG

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