La passion de ce qui est passé : Le culte du vieux

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  1. Patience !
    Pour nous connaître, il faut qu’on décode tout ce que ceux qui nous ont précédés n’ont pas livré ou ont caché derrière les mots, les proverbes, la façon d’être et d’agir, etc… A leur époque, c’était la meilleure manière d’exister, de se faire une place, d’être en équilibre. Il n’ y a pas à les juger. Mais, ce qui était dans le passé concernait les africains d’hier. Nous sommes aujourd’hui. Ce qui compte, c’est ce que nous faisons aujourd’hui, comme ceux d’hier ou non. C’est tels que nous sommes africains aujourd’hui. Arrêtons de croire qu’africains, c’est que ceux d’hier, ou que ceux d’aujourd’hui sont exactement les mêmes que ceux d’hier.
    Puisque nous évoquons les vieux, Sommes-nous/Serons-nous demain des vieux, des “Pking Gbin”, comme eux ou des africains qui ont/auront vieilli et dont certains sont/seront sages pour savoir beaucoup de choses, et d’autres pour savoir peu de choses, partageons/partagerons nous nos savoirs, non pas qu’à certains membres de la famille qui se soumettent à nous, mais au plus grand nombre pour élever tous les hommes, respectons/respecterons-nous (je ne dis pas obéir ou se soumettre) les autres (femmes, enfants, jeunes…), comme nous attendons qu’ils le fassent à notre égard, etc…
    Je ne suis pas tout ce que mon père était, ni ce que mon grand-père était. Je suis/ serai ce que je fais/ferai de ce qu’ils étaient et de ce que je veux/ voudrai être. On est/sera tous de vieux africains comme eux, néanmoins tous des africains, mais à différentes époques.

    Il n’y a donc aucun problème avec les vieux, ni hier, ni aujourd’hui, parce qu’ils sont, comme chaque africain, acteurs pour résoudre le problème de vivre : le problème c’est la difficulté de vivre.

    En revanche, quand la façon de vivre ensemble impose de croire et d’accepter sans rien dire que le vieux sait tout, que le jeune ne sait rien, qu’on doit se soumettre au vieux quand lui-même ne respecte pas les autres, on peut au moins dire que cette organisation ou pratique n’est pas une bonne réponse. En revanche, se respecter mutuellement tous et non pas obéir aveuglement ou se soumettre, partager ce qu’on sait, sans attendre de celui à qui on donne le savoir de se soumettre, sans trier à qui le donne, c’est quelque chose (une réponse) qui peut nous faire tous avancer, c’est une réponse qui peut aider à réduire les difficultés communes. Parce que la solidarité, ce n’est seulement pour aller débroussailler le champ, c’est aussi se respecter, partager ce qu’on sait dans une volonté commune de tenter d’avancer et d’affronter la vie ensemble et également. Et ce qu’on sait est plus facile à partager puisque chacun peut avoir une part pour mieux contribuer à résoudre le problème.

    Au fond, quelle est la raison pour laquelle on doit se soumettre au vieux, pour laquelle son savoir n’est partagé qu’avec sa famille et encore pas tous, etc…. Puisque cette manière de faire est une réponse de sa part rendue cependant collective, alors ce que cette manière traite est le problème du vieux. Mais le problème du vieux = ne pas être grand, ne pas avoir une grande place, la peur que le jeune plus vigoureux diminue sa valeur, la peur que si tout le sait il n’est plus rien, tout cela c’est son problème, mais pas le problème commun de toute la famille qui la difficulté à exister tout simplement.

    Cela dit, un vieux sera toujours un acteur de la réponse au problème commun et détiendra une grande part de la solution au problème, mais à condition que le problème commun soit identifié et qu’on soit tous d’accord pour en faire le problème commun à traiter par des réponses sur lesquelles nous ,sommes tous et également d’accord.
    Ce n’est pas parce qu’un vieux traite son problème personnel, individuel, qu’il est le problème commun. Il en est de même pour chaque africain, chaque acteur africain. Et, ce n’est pas parce que la réponse de n’importe quel africain ne traite pas un problème commun qu’elle devient c’est le problème commun.

    Il n’y a rien de gênant pour le vieux d’arriver à rien s’il en est content. Or, il dit lui-même qu’il est “Pking gbing”. Il cherchait donc bien quelque toute sa vie avant de devenir. Non ?
    La manière dont il a vécu, dont il s’est comporté, dont il a agi, comme enfant, puis comme adulte et enfin comme vieux qui abouti à ce vieux. Mais, ce vieux, il n’a pas vécu seul. Il a vécu dans le cadre d’une relation avec les autres. Il a pu empêcher d’autres de faire autrement, comme lui enfant on a fait avec lui. Il n’y aurait rien de gênant si la vie de chaque africain vivant avec lui et le vieux lui-même sont content de leur vie, de la façon dont ils sont chaque jour en relation et si personne ne se plaint de cette relation et de son résultat.

    Conclusion : Aucun africain, ni aucune production de sa part n’est le problème commun que nous cherchons.
    Cherchons donc ailleurs. En identifiant et en soulignant les problèmes personnels privés pour lesquels chacun se comporte ou agit de telle ou telle manière au sein de la communauté familiale, amicale, villageoise, nationale, africaine, on évite d’en faire de manière paresseuse le problème commun de tous. Le problème commun est sans doute à rechercher dans la situation dans laquelle nous sommes tous, et non en cherchant des responsables, des coupables, des victimes, des bourreaux, des causes, des conséquences, des personnes, des actions, etc…

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