Au secours, “la nouvelle africaine” ! (4)

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  1. Bonjour,
    ne pensez-vous pas que la transmission d’informations orales d’oreilles à oreilles puissent contribuer à la fabrique de rumeurs et amplifier la peur des mondes extérieurs au sien, ou au contraire idéaliser ces mondes ?

    1. Merci de votre question. Elle permet de préciser la pensée.

      Vous posez deux questions en une.

      D’abord celle concernant la possibilité et, reprenant vos termes, que “la transmission d’informations orales d’oreilles à oreilles puisse contribuer à la fabrique de rumeurs”.

      Y-a-t-il un problème en cela ?
      La cérémonie du “Djassi” consistait naguère à partager des informations oralement. Elle était l’occasion pour “un voyageur” de rendre compte de son récit de voyage. Le premier destinataire étant le chef, le gouvernant, il ne peut y avoir de rumeur à cette étape qui donne son sens à la “nouvelle africaine”, sauf à considérer que le voyageur colporte et sans le savoir une information consistant en une rumeur. J’entends, qu’à partir de ce point de transmission et de réception, “la nouvelle” pouvait être colportée (avec des déformations) par quelques privilégiés présents lors de la cérémonie, en raison de leurs fonctions auprès du monarque. Cependant, ce qui faisait la force de la “nouvelle”, c’est le fait que c’est ce dernier qui avait le pouvoir d’initier, du haut de son rang, l’usage qui devait en être fait, conformément à ce dont il est le gardien. De plus, dans un espace social inégalitaire et peu libre, quelle durée de vie pouvait éventuellement avoir une rumeur si elle n’émanait pas du sommet ?

      Compte tenu de ce qui vient être exprimé, la “nouvelle” n’était pas une rumeur en soit, mais ce que le “voyageur” a vécu, tel qu’il l’a vécu. Soit son récit en lui-même pouvait rapporter, sans le savoir, une rumeur, soit il ne reflétait pas précisément toute la réalité ou rendait compte d’une d’une réalité travestie par sa subjectivité ; cependant ce n’est pas en soit une rumeur.
      On peut élargir ce débat. Le contenu d’un livre, d’une œuvre d’art, d’une pièce de théâtre, … échappe-t-il à votre interrogation pour le seul fait d’être figuré ? Le fait qu’un caporal rende compte de sa mission au téléphone de bouche à oreilles -t-il pour effet de faire de sa “nouvelle” une rumeur ?
      Enfin, observons en passant, de quelle manière un gouvernement, même démocratique des temps actuels, peut constituer la source de la “nouvelle” = rumeur pour mieux ajuster sa stratégie. Suivez mon regard.
      La question essentielle de l’intérêt de “la nouvelle” s’affranchit par conséquent de ce risque.

  2. Félicitation…très beau article et tellement vrai, je continue encore ma lecture. Mais j’espère que cela va motiver les gens à se mobiliser mais au moins à leurs faire réfléchir et de poser les bonnes questions

    1. Merci à vous. Surtout n’hésitez pas à entrer dans le débat pour donner votre point de vue sur un point ! C’est l’espace de ceux qui n’ont plus peur, qui sont donc libres. A bientôt donc.

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